Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /Avr /2009 22:18
oui, l'aujourd'hui était bizarre, des gens blessés en bord de ligne de chute qui se mettaient à pleurer comme des enfants
Un jeune, un lycéen dans le genre doué, non, celui-ci qui a peint sa chambre en noir et posé des rideaux rouge sang, lui, n'a pas versé de larmes, il regrettait juste ne plus trouver de petit boulot d'appoint qui l'aidait à se payer une bière, un sandwich, un paquet de cigarettes, depuis quelques semaines, plus d'extra en déménagement,
Un musicien à l'air plus soucieux que d'hab, non celui-ci non plus n'a pas pleuré, lui, a trouvé quelques contrats pour ces semaines-ci, pas ce qu'il préfère, juste de l'alimentaire, n'empêche qu'il avait paumé son sourire cet aprèm, peut-être  juste l'air du temps.
Une jeune Allemande aux cheveux courts et ébourriffés que nous avons toujours connue pleine d'allant, qui disposait d'une bourse pour étudier la coiffure ici. Et voilà qu'elle ne l'a plus, je crois qu'elle a sauté quelques cours et cela ne plaisante pas: maintenant elle n'a plus rien, plus d'argent, et son foyer dit qu'ils ne peuvent plus la garder. L'Allemagne sollicitée de nouveau,  a fini par lui promettre un mandat mais il n'arrive pas. Les larmes lui piquaient les yeux. Voilà quelques jours qu'elle cherche un travail, quelque chose pour dépanner et qu'elle ne trouve rien contre toutes ses espérances. On sent que jamais elle n'aurait cru, être niée ainsi.
Une autre jeune femme, un peu plus âgée, très pâle, le regard qui passe successivement du sec au mouillé;, la mine aigue, le cheveu raide et blond cendré, entrée pour un débardeur et puis qui commence à s'épancher, elle porte la poisse, voici quelques mois elle a rejoint sa mère qu'elle n'avait pas revu depuis six ans qu'elle était restée chez son père. Et puis voilà que sa mère perd son travail, et puis peu après son mec, et puis maintenant qu'elle est menacée d'expulsion. La fille est persuadée que c'est sa faute. Quie sa présence entraîne les pires malheurs. Déjà quand elle vivait chez son père... elle stoppe, c'est trop lourd, elle reparle des débardeurs, elle reviendra une prochaine fois, de toute façon, elle n'a plus le sou...
Et puis, il y a eu nos visiteurs du mercredi, le père P1 et le fils P2, tous deux un peu malades de la tête, le garçon de 30 ans schiz comme trois de nos fils; le père commotionné cérébral voici quelque temps, ne va pas bien ces jours, Son bras dont il a perdu la maitrise, le fait souffrir. D'ailleurs, il a l'impression de coincer de partout, comme une paralysie qui le gagne. Aujourd'hui pour la première fois, il se plaint, il se plaint de son corps, de ce bras qui l'empêche de peindre. Il y a chez lui une toile qu'il  nous a montrée inachevée à cause de son accident. Il ne le supporte plus. Il voudrait tout au moins pouvoir la finir, au moins celle-ci. Mais non. On lui parle de rééducation. Ne pourrait-il pas ? non il ne peut pas, il est seul, pas stimulé, il avait commencé et puis il a laissé tomber, pas capable, il ne se sent pas capable de l'effort nécessaire. Il tremble aujourd'hui. Il ne parvient pas à s'abandonner au son des chansons de Bob Dylan dont on passe le cd pour lui faire plaisir. Il est stressé, on sent que quelque chose l'obsède, qu'il n'a pas encore révélé. Il finit par le dire. C'est l'infirmière, celle de la semaine B, elle claque le battant du portail extérieur en partant. Il ne le supporte pas, ni le bruit que cela fait ni que son pauvre portail soit torturé ainsi. Mais voilà, il ne s'est pas encore résigné à le lui dire. Il ne sait pas comment s'y prendre. Il a fait appel à sa soeur mais elle l'a envoyé promener, indignée, qu'est-ce que c'était que ces sottises !  Et le père qui tremblait, et le fils qui brutalement saisissait qu'un jour son père mourrait et qu'il n'aurait alors vraiment plus personne, s'est mis à pleurer.
Par Ambix - Publié dans : boutique - Communauté : Une journée pas ordinaire !
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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 14:04
 

J'ai parfaitement repéré l'un de ces premiers jours comme l'on discerne un bout du fil de la bobine, qui permettra de le tirer à soi pour en couper une ligne de 1 mètre, une enfilée à la paresseuse eût dit ma mère, bien sûr il y a plusieurs bouts car le fil est si fin, roulé si serré et la bobine si grosse que, souvent, dans l'impatience de ne pas en trouver l'extrémité, on l'a coupé dans le vif, créant ainsi deux nouveaux commencements qui sont autant de fins, car au mépris de toute logique, ils aboutissent à une impasse et non au zéro initial. Pour tout dire, les extrémités, les commencements et les fins, les impasses de paresseuse se sont multipliés.

Dans mon esprit, cela commence par une image car les images, je les empile sans problème, sans gêne aucune. Le son est mon démon. Quand je le peux, je l'évite, l'air de rien. C'est ainsi que ma mémoire semble avoir des difficultés à retenir les propos tenus, les paroles des chansons ou la ritournelle incertaine qui se fredonne de bouche en bouche.

Pourtant, ce sont justement les mots prononcés qui m'ont accrochée vif comme la lame triangulaire du couteau du petit bonhomme Hara kiri, petit logo auquel je ne songe jamais qu'en second, juste après avoir moi-même brandi virtuellement un long poignard pour m'embrocher le ventre rapidement de bas en haut, L'image avant le son. La sensation kinesthésique avant l'image. La sensation d'être préexistant à la lumière, infiniment plus rapide.

Cette sensation harakirienne souvent, traverse mon corps lors d'une seconde d'immobilité.

Je sais être rentrée dans la salle de séjour, de droite à gauche, puis, immédiatement après un seul pas, avoir bifurqué sur la droite, face à l'espace pris par la partie salon de la pièce. Mon fils aîné était assis sur le canapé, je les voyais tous deux de profil. Ils étaient face au téléviseur qui cachait presque l'une des fenêtres. « Ils » Je veux dire, mon fils et le canapé, l'un sur l'autre, face à la télé muette de trop parler. Le jour débordait de la fenêtre, mettait de l'ombre et de la lumière dans la pièce et faisait saillir tous les objets. L'écran en rapetissait et y perdait des dimensions.

C'est peut-être pour cela, que ce jour là comme s'il fallait enfin qu'il se dévête sur la plage brûlante de soleil, mon fils aîné, N, a parlé, sans tourner la tête vers moi.

Il a dit des choses intenses d'un ton monocorde, en courtes subordonnées qui se déployaient dans une phrase sans point final. Il y était question de traverser la ville sous les insultes en faisant semblant d'y rester indifférent. Il était question de choses qui venaient lui murmurer des obscénités dans les oreilles, qui le poursuivaient de rue en rue et l'amenaient à se terrer dans sa chambre étroite d'étudiant…

Le temps s'est creusé sous ses paroles. Mille choses se sont révélées de nouveau à mon regard intérieur tandis que mon coeur se serrait et devenait pesant. Et la lame du couteau est remontée bien plus haut, à hauteur de cerveau, réconfortante, prête à le hächer jusqu'à ce que disparition s'ensuive.

L'illusion de la disparition.


Par Ambix - Publié dans : schizophrénie - Communauté : Une journée pas ordinaire !
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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 13:49
 

Il y eût un premier. Il y eût un second.

Le second était plus ardent. Le second était un taureau dont les ongles s'enfonçaient dans la terre. Le second était un taureau dans un corps de coq et, en lui, le taureau et le coq piaffaient et secouaient des cornes et de la crête et se dressaient sur ses ergots. L'un et l'autre ne comprenant guère ce qui arrivait, se cramponnaient à leur virilité et la trouvaient réduite. La castration hantait ce corps divisé et cependant uni en sa frustration.

Le premier décollait de la réalité et glissait dans le rêve. Le rêve violait la réalité du second et la faisait sienne.

L'un et l'autre avaient perdu le contact essentiel d'avec la surface des choses, l'un s'embourbait et l'autre se noyait ou bien l'inverse, ce qui est sûr, c'est que c'était la même chose, en différent.

Par une nuit sombre et hurlante qui, s'obstina à durer du coucher au lever du soleil, le second me fit face, m'adora et m'insulta, proféra des mots interdits d'amour, de haine, de dépit et d'horreur où il s'affirma, existant, différent, fou et unique, me détruisant puisqu'il ne pouvait me posséder, et dans son désir de me faire coupable du crime qu'il ne pouvait commettre, m'accusa définitivement de l'avoir fait naître tel qu'il était, décidant à partir de ce moment, qu'il était possédé par une féminité ignoble et sodomite qu'il refusa de nommer.

Par Ambix - Publié dans : schizophrénie - Communauté : Une journée pas ordinaire !
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Samedi 28 mars 2009 6 28 /03 /Mars /2009 20:32

une voie ouverte par Arouna Lipschitz après bien des péripéties spirituelles
http://www.arouna.com/accueil.php

le rêve de l'amour que nous poursuivons tous
du désir de l'amour de la mère, parfois teinté d'amer
au désir de l'amoureux transi qui se meurt d'amour pour vous
au désir de l'amour du dieu qui dévore et engloutit, où l'on se perd
l'équilibre, ne pas s'égarer, garder son identité, se laisser hanter par l'autre sans se dissoudre

une question que je me pose chaque jour
comment rester disponible à son amour, à ses enfants, à soi-même et à tous ceux qu'on croisent
tout cela sans tomber dans la confusion et la contradiction

Par Ambix
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Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /Mars /2009 05:28
The Chaser

un film violent certes mais sans cette complaisance généralement liée aux films traitant de serial killer
un anti-héros: ex policier devenu proxénète qui, d'abord pour récupérer son cheptel, se lance à la poursuite du type qui lui a volé ses filles

le truc remarquable, c'est le suspense haletant qui tend le t

on sait très rapidement qui est le tueur et on lui met même la main dessus et pourtant la tension ne baisse pas, elle zappe; trouvera-t-on la dernière fille qui a été enlevée et qui se meurt, l'appareil policier et judiciaire sera-t-il capable de livrer les preuves nécessaires à l'arrestation définitive du criminel

mais là encore, des réponses sont données dans les temps, sans traîner exagérément et pourtant le spectateur reste accroché à l'image qui suit, le questionnement du spectateur se renouvelle indéfiniment
comme dans la vie, les choses s'enchaînent sans faiblir, sans vous laisser souffletr,  on pressent que même la mort n'est peut-être même plus un repos

jce qui fait la force du film, au-delà de la  classique cjasse au killer, c'est cette construction scénique extrêmement habile qui soutient en filigrane tout u n questionnement métaphysique sur l'énigmatique humanité, sa force et sa connerie, sa cruauté et sa générosité, sa fragilité et sa grandeur.



Par Ambix
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