Lundi 23 mars 2009
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Notre dernière conversation avec deux hommes de parents émigrés d'Afrique du Nord mais nés en France nous a montré combien leur vécu était difficile au point qu'ils désiraient penser qu'il
n'existait pas de prédisposition génétique ni non plus de mémoire culturelle indépendante de l'éducation et que chaque individu ne dépendait que de son environnement et seulement de celui-ci.
L'éternelle discussion entre l'importance de l'acquis par rapport à l'inné.
Je tiens pour ma part une opinion différente. Je crois que nous portons en nous la mémoire de nos parents et que leurs actes, même en leur absence nous font évoluer de génération en génération.
Mais ainsi que j'ai tenté de lle leur préciser. Je n'y vois pas la détermination absolue de ce que nous sommes. Je pense qu'en nous, il y a plein de programmes minuscules de différente qualité qui
s'éveillent selon la nécessité environnementale ou intérieure mais que nous ignorons la plupart du temps car ils sont bien trop nombreux pour être tous utilisés Leur divergence, aussi, fait qu'au
fur et à mesure de notre histoire personnelle, une configuration se dessine qui filtre encore les possibilités, évite les contradictions trop flagrantes.
Ceci parce que je ne suis pas en rejet de la mémoire de mes aïeux comme ils paraissent l'être au point de vouloir tout effacer, ce qui demeure un problème social et politique car non seulement ils
refusent la mémoire de leurs ancêtres mais afin que le territoire puisse leur être acquisdans les mêmes conditions que nous et même de meilleures, ils refusent notre mémoire culturelle, refusent le
fait que notre société française avec ses bons et ses mauvais côtés, est le produit d'une culture particulière qui n'aurait su s'établir sans les hommes qui l'ont créée et qui l'ont
viscéralement léguée à leurs descendants.
L'élection de notre dernier président m'avait inquiétée pour cette raison aussi. Son goût non seulement de "réformer" mais de détruire les structures du pays m'a paru procéder de cette même
faiblesse fondamentale de celui qui a un moment ou un autre et ceci quelque soit le groupe social auquel il appartient, s'est senti humilié parce qu'il ne faisait pas corps avec le schéma culturel
dans lequel il lui fallait vivre et s'épanouir. S'ensuit la surexcitation d'un esprit vengeur qui veut faire table rase de ce qui est pour établir un nouveau modèle qui, puisqu'il ne s'appuie pas
sur la complexité d'une mémoire collective historique cohérente qui l'a maintes fois remanié dans le détail, ne peut être qu'un diktat.
Par Ambix
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Publié dans : regard sur le monde
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